Des publications largement partagées sur le réseau social Facebook notamment  affirment que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a condamné l’assassinat du colonel Willy Ngoma, le porte-parole de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), active dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ces déclarations sont appuyées par un communiqué prétendument du secrétariat général de la CENCO. Seulement, après vérification auprès du secrétaire de la commission épiscopale de communications sociales au sein de la CENCO, entre autres, il ressort que ce document est faux.

Le 24 février 2026, l’internaute Jean-Luc Révolté Budiadia a publié sur Facebook un communiqué attribué à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Ce document condamne l’assassinat de Willy Ngoma, le porte-parole militaire du M23. La légende de son post (archivé ici) déclare : “Urgent : la CENCO condamne avec sa dernière énergie l’assassinat de Willy Ngoma”. Depuis, la publication cumule près de 700 réactions et plus de 250 commentaires. Des posts similaires ont été faits ici, ici et . 

La CENCO est la conférence épiscopale de l’Église catholique qui rassemble les ordinaires de la hiérarchie catholique en République démocratique du Congo (RDC). Approuvée par le Vatican en 1962, elle fait partie de l’Association des conférences épiscopales de l’Afrique centrale et du symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar. Elle a été précédemment connue sous le nom de Conférence épiscopale du Zaïre (CEZ). La nouvelle que nous vérifions circule à l’annonce de la mort de Willy Ngoma, le porte-parole militaire de la rébellion du M23, dans une attaque revendiquée, le mardi 24 février 2026, par des Wazalendo (groupes de miliciens) qui appuient les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la traque des rebelles dans l’Est du pays. 

Vérification

Contacté via Messenger pour se rassurer de l’authenticité du document qu’il a publié, Jean-Luc Révolté Budiadia n’a jusqu’ici donné suite à notre demande d’informations. Sur le site de la CENCO, le communiqué qui fait l’objet de cette vérification n’existe pas. Cependant, ladite annonce est prétendument signée par Monseigneur Donatien Nshole, le secrétaire général de la CENCO. C’est cet indice non négligeable qui nous a directement incités à entrer en contact avec la cellule de communication de la CENCO. Dans un échange Whatsapp avec DataCheck, l’abbé Guy Masieta, secrétaire de la commission épiscopale de communications sociales au sein de la CENCO, a clarifié qu’il s’agit d’un faux communiqué. 

“Merci pour votre souci. Cette information attribuée à la CENCO est fausse. Nous avons déjà réagi là-dessus. Je vous envoie notre réaction”, a-t-il répondu. Puis, il nous a partagé un lien X (anciennement Twitter) menant vers le démenti formel de la CENCO qui déclare : “Ce faux document ne peut provenir que de personnes de mauvaise foi qui cherchent à ternir l’image de la CENCO. La CENCO met en garde, sous réserve de poursuites judiciaires, les auteurs de cette cybercriminalité (Sic)”. 

   Démenti de la CENCO sur X, partagé à DataCheck par l’abbé Guy Masieta, le jeudi 26 février 2026 

 Église catholique

D’après  Visesa Louangel, rédacteur en chef de la Radio Moto Butembo-Beni, un média d’obédience catholique basé au Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC, une sortie comme celle attribuée à la CENCO est quasi impossible. Pour lui, ce faux communiqué constitue une désinformation délibérée, visant à saper l’image de l’église catholique pour ainsi attiser des tensions entre les communautés. “Ce n’est pas la première fois que pareille rumeur touche l’église catholique”, rappelle Visesa Louangel, par ailleurs fact-checkeur. Et d’ajouter que, “C’est clair que les instigateurs de la rumeur ont le ferme objectif d’opposer l’Église soit à l’État, soit aux chrétiens ou autres acteurs de la vie sociale touchés par les conséquences de la guerre”,

Pour Visesa Louangel, la récente histoire rappelle les rumeurs autour d’une quelconque suspension du président de la CENCO par le Saint-Siège, les accusations pointant le cardinal Ambongo d’être en connivence avec l’ennemi de la paix, ou d’autres rumeurs déclarant que l’évêque de Butembo-Beni mobilise le peuple à se prendre en charge puisque les autorités ont échoué. Donc, “cette fausse sortie ne vise qu’à saper l’image de l’Église catholique en République démocratique du Congo”, insiste le journaliste. 

 conclut-il. 

En conclusion, les publications circulant sur les réseaux sociaux concernant un prétendu communiqué de la CENCO condamnant la mort de Willy Ngoma sont fausses. Des vérifications auprès de ladite conférence entre autres, confirment que le document est faux.

Joel Muyisa, en RDC