Des publications virales sur le réseau social TikTok annoncent que Félix-Antoine Tshisekedi, le président de la République démocratique du Congo, a ordonné la libération du docteur David Balanganayi. Ce dernier a été arrêté après avoir été filmé en train de frapper et d’insulter une patiente dans une salle d’accouchement. Après vérification auprès de la porte-parole du chef de l’État congolais, de l’avocat dudit docteur ainsi que du cabinet du ministre de la Justice congolaise, il ressort que cette information est fausse. Des médias crédibles rapportent sa condamnation à deux mois de prison avec sursis. 

Le mercredi 1ᵉʳ avril 2026, le compte TikTok dénommé “The Great Nature”, suivi par plus de 41500 followers, a publié un diaporama photo accompagné d’une voix-off annonçant que le président congolais a instruit la libération immédiate du docteur David Balanganayi. Sa légende en toile de fond indique : “Félix-Antoine Tshisekedi ordonne la libération immédiate et sans délai du docteur David Balanangayi”. Depuis, le post cumule plus de 136 000 mentions “J’aime”, près de 12 000 commentaires et 8981 partages. Une publication similaire a été repérée ici.

Cette allégation survient dans un contexte tendu où, depuis le 27 mars 2026 , des poursuites judiciaires ont été engagées devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Kinshasa/Kinkole contre le docteur congolais David Balanganayi, après la diffusion des vidéos virales le montrant en train de tabasser et d’insulter une patiente dans la salle d’accouchement de l’Hôpital général de référence (HGR) de Kinkole. Il a notamment été poursuivi pour tentative de meurtre et torture, coups et blessures aggravés et atteinte à la vie privée. De nombreuses voix se sont élevées pour exiger sa condamnation, alors que l’incriminé n’a cessé de plaider non coupable, justifiant son agissement par le souci de sauver la vie de Dorcas Mulema, 19 ans, qui venait d’accoucher. 

Vérification 

DataCheck a contacté l’auteur de la publication querellée via la messagerie TikTok, mais sans succès. Nous nous sommes donc tournés vers Tina Salama, la porte-parole du président de la République démocratique du Congo (RDC), qui a démenti l’affirmation sous examen avant de nous orienter vers l’avocat du docteur incriminé pour de plus amples détails. “Non. Libéré par qui ? Renseignez-vous d’abord davantage (auprès de son avocat : NDLR) avant de me poser d’autres questions”, a-t-elle suggéré à DataCheck par messagerie WhatsApp.

De sa part, Joël Cadet, du collectif d’avocats du docteur David Balanganayi, a réfuté cette allégation, rappelant la non-ingérence du chef de l’État dans les affaires judiciaires. “C’est faux. L’audience est reportée au vendredi (3 avril 2026 : NDLR) vu la journée déclarée chômée et payée. Le chef de l’État ne s’ingère pas dans les affaires de justice”, a-t-il clarifié à DataCheck. 

DataCheck a également contacté Michael Bakemba du cabinet du ministre en charge de la Justice congolaise, Guillaume Ngefa. Lui aussi dément l’allégation prétendant que le président de la RDC a ordonné la libération “immédiate et sans délai” du docteur David Balanganayi. “Je n’ai pas cette information”, a-t-il répondu, avant de nous envoyer un lien d’article titré : “Affaire Dr à Kinkole : entre exigence de justice et risque d’abandon des femmes enceintes, l’Etat face à une décision cruciale”. Par ailleurs, des médias crédibles (1, 2, 3, 4) consultés par DataCheck confirment la condamnation du docteur David Balanganayi, le vendredi 3 avril 2026, à deux mois de prison avec sursis. 

En conclusion, les publications prétendant que le président congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, a ordonné “la libération immédiate et sans délai” du docteur David Balanganayi, sont fausses. Des vérifications auprès de la présidence de la RDC, de son avocat, du cabinet du ministre de la Justice congolaise démontrent la non-ingérence du chef de l’État dans les affaires judiciaires.

Joel Muyisa, en RDC